Exercice secours avec le SSF68 du 17 au 18 mai 2014

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Comme tous les ans, nous venons prêter main forte à nos voisin alsaciens pour leur exercice secours. Une occasion de se rafraichir la mémoire sur les techniques de secours spéléo pour les uns, de se former pour les autres, et de passer un bon week-end sous le soleil de plomb de Sainte-Marie aux Mines pour tout le monde !

Article DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace)

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« Il est 1h30 du matin quand Nath, Stéphanie et moi décidons de mettre un terme à cette soirée à laquelle nous avions promis une fin à 23h au plus tard, pour être en forme le lendemain ! Les 4 petites heures de sommeil suffiront en attendant de prendre place à l’arrière du berlingo de Pierrot pour finir notre nuit durant les 2h de route qui nous séparent de l’Alsace.

5h45, Nath et moi partons du centre ville de Metz, 6h nous sommes devant chez le plus sympa des René-Paul, 6h30 la 205 se gare devant chez Pierrot – Waville, timing parfait ! Le temps que les fumeurs s’envoient une clope, chargement du matos dans le berlingo, et l’équipe s’envole pour Sainte-Marie-aux-Mines !

La route, je dors ! Arrivée sur le parking de Tellure à 9h, un paquet de monde est déjà la et les présentations sont en cours…nous nous intégrons rapidement et nous mettons aussitôt au travail. Il manque nos camarades qui viennent avec Bruno, ils arrivent 5 minutes plus tard, c’est un scandale ! Je file un coup de main à l’équipe des parisiens pour monter un mat de 6m afin d’y percher une antenne relais pour les talkies-walkies, les tentes se montent, les groupes électrogènes se mettent en route, les derniers spéléos arrivent…tout est prêt dans une rapidité et une efficacité remarquable ! 

Ce sont les gendarmes qui vont ouvrir le bal et attaquer la prospection. Une personne est portée disparue depuis la veille au soir, un véhicule est repéré dans les bois, il faut faire le tour de tous les trous du coin, la liste est longue… Une équipe cynophile est déclenchée pour accélérer les recherches pendant qu’une patrouille se rend au domicile du propriétaire de la voiture. De notre coté, quelques équipes partent également en prospection, dont Bruno et Christophe, la plupart revient bredouille.

C’est aux environs de 11h que la victime est localisée dans une galerie supérieur de la mine « Armée Céleste ». Le code rouge est alors déclenché et le bureau du préfet reprend la direction des opérations, épaulé par les conseillés techniques du SSF sur place. Les premiers intervenants sont l’équipe ASV (assistance secours victime) et l’équipe transmission, le but étant d’établir un contact permanent entre le PC et les secouristes sur place qui montent un point chaud et font un premier point sur l’état de santé de la victime ! Nath se porte volontaire pour faire partie de l’équipe ASV, le temps de manger rapidement sa salade composée de légumes bio de son jardin et il monte en 4×4 avec toute l’équipe pour aller se positionner auprès de la victime. Nous autres pendrons le temps de manger au soleil, dans l’herbe du parking !

Quelques minutes plus tard, il faut commencer à préparer l’évacuation par civière. René-Paul est nommé chef d’équipe et s’affaire à préparer le matos dont il aura besoin d’après les indications des locaux qui connaissent la mine. Petit à petit, les équipes se forment et partent sous terre. Les gendarmes spéléos de Grenoble sont également envoyés, la victime est en réalité un voleur de minéraux, il sera sévèrement verbalisé !

L’agitation commence à s’emparer du parking du Tellure, les équipes partent une à une pour intervenir selon leurs missions respectives, la mienne pour l’instant est de bien garder le soleil ! Pierrot et Stéphanie se marient et adoptent le vandale, ils se retrouvent à la cellule psychologique pour canaliser leur panique après avoir appris la triste nouvelle…leur fille, fils ? Roger ? Maxime ? né en 83 (comme maman ?) ? les inquiète beaucoup…ils veulent tout savoir !

Un sur-accident arrive alors, une infirmière escortée par un spéléo devait rejoindre la victime, mais le duo se perd dans les galeries. Au bout de plusieurs minutes sans nouvelles, une équipe est lancée à leur recherche. Ils sont retrouvés tout au fond d’une série de puits, l’infirmière à fait une chute de plusieurs mètres, son corps est sans vie. Quant au spéléo, il est en état de choc, c’est Philippe qui va essayer de le ramener à la surface, ce qui ne sera pas une mince affaire, il ne veut pas sortir (c’est la consigne) et s’arrête sans arrêt pendant la progression dans les puits, dans le tuyau de sortie, semble paniquer à l’idée de voir d’autres gens…

Sur le chemin de la sortie, ils croisent notre Brubru, qui croit reconnaitre en ce spéléo avec sa combi bleue, un gendarme. Il lance alors aussitôt un appel au PC en alertant qu’un gendarme ne se sent pas bien. Eric lui fait répéter, s’assure qu’il s’agit bien d’un gendarme, Bruno est ferme ! Eric part alors sur les chapeaux de roues avec un médecin en 4×4 vers l’entrée de la mine, gyrophare et sirène de rigueur, ce n’est plus un exercice…

Mais ils ont oubliés que notre Brubru à quelques difficultés avec les couleurs, il à certainement confondu le casque rouge du spéléo avec un képi, plus de peur que de mal, revenons-en à nos moutons (bien qu’un peu plus tard, il s’agira d’une histoire de chèvre), nous avons 2 civières à sortir !

Pendant ce temps, une partie des secouristes qui s’occupent de la première victime descend vers la deuxième, accompagnée des gendarmes qui vont constater le décès et interroger les premières personnes à avoir atteints la victime. Notre fébrile accompagnateur est pris en charge par la cellule psychologique mais ne coupera pas à l’interrogatoire, ainsi qu’à un examen méticuleux de son matériel, l’enquête est ouverte !

Dans le cas d’un décès, pas de nécessité d’installer un point chaud. Au PC, les derniers spéléos dispo sont réquisitionnés, et deux équipes évacuations sont chargées d’aller équiper les 4 puits. 17h, je pars dans l’équipe de Pierrot, fraichement divorcé, équiper les 2 puits du fond, quant à Stéphanie, avec son grade de membre du comité directeur du SCM, prête main forte avec fierté à l’autre équipe chargée d’équiper les deux premiers puits.

Un petit tour de Defender plus tard, un gros talus à grimper, et nous retrouvons Dominique au PCA, devant l’entrée de la mine. Une nouvelle mission vient agrémenter notre venue, sur notre chemin vers le fond, nous devons porter à l’équipe de René-Paul…une chèvre !! Passons les commentaires, mais quand même, une chèvre !!

La tête la première, il n’est pas bien large ce tuyau, mais dans ce sens la, ça glisse tout seul jusqu’en bas ! On n’y tient pas accroupi, en tout cas, mes fémurs me l’interdisent… Quelques dizaines de mètres de galerie plus loin, de l’eau plein les bottes, nous déposons le paquet, la chèvre, pour l’équipe d’en haut. L’équipe d’Adan nous talonne, nous descendons jusqu’à la moitié des puits, et commençons à réfléchir à l’équipement le temps que les 15 personnes descendus dire bonjour à la morte remontent les puits petit à petit

Pierrot prend Philippe du SDIS et Jean-Jacques avec lui et part équiper le dernier puits, pendant que je reste avec Fabien et Olivier. Nous sortons le perfo, plantons quelques spits, Fabien prend le temps de nous expliquer pas mal de chose, c’est vraiment intéressant. Je noterais par exemple qu’il ne doit y avoir qu’un seul amarrage commun entre la corde de progression et la corde de traction de la civière ! Notre atelier est installé, sécurisé, le trio d’en bas à terminé aussi. Pierrot remonte vérifier que tout est en ordre, et je descends avec lui rejoindre la morte et ses camarades, ils ne sont plus que 2 avec elle quand nous arrivons.

La morte s’ennuie à mourir dans ce rôle ! Je sors le réchaud, prépare un thé, les camarades du fond nous expliquent qu’ils sont la depuis un moment et que la civière vient de partir du PC, nous avons le temps de faire un petit gouter. Information démentie 3 minutes plus tard avec l’arrivée de 2 spéléos portant avec eux…la civière ! Le thé est chaud, la morte n’aura pas le temps d’en boire une goutte.

La voila en-brancardée, je fais dèv humaine pour aider à sortir la civière du ressaut, et l’ascension du premier puits peut commencée. Pierrot à la régul, Jean-Jacques au contrepoids, tout se passe comme sur des roulettes. Pour le deuxième puits, je remonte rejoindre Fabien et prend place pour faire le contrepoids. Je croise donc la civière pendant ma descente, et il nous faut attendre un moment en bas avant de remonter aider les autres, ça parpine pas mal ! La sortie se passe vite et bien, c’est tout l’intérêt certes, mais c’est toujours impressionnant et rassurant de voir à quelle vitesse la civière peut être dehors quand tout à été installé en amont.

Le convoi se dirige vers la sortie, il est 21h quand la victime sort du tuyau. Mais il en reste une…la première victime n’est toujours pas dehors, l’équipe de René-Paul à eu des difficultés, la roche est naze, pas moyen de planter un spit, même la chèvre s’en sort mal ! Je suis rappelé à l’intérieur pour un dernier coup de pouce, la civière du voleur de cailloux est en route. J’essaie de guider Fabien dans la galerie, c’est trop étroit pour pouvoir porter à plus de 2 personnes, il marche à reculons dans l’eau jusqu’au tuyau.

21h45, les deux victimes sont dehors, nous restons une petite équipe pour attendre René-Paul et ses collègues qui déséquipent. Les blagues au sujet de la chèvre vont bon train, surtout quand Pierrot et Xavier décident de retourner sous terre épauler les autres dans cette tache difficile, sortir la chèvre du trou ! Retour au PC, il est 23h, un bon repas nous attends, et le débriefing…sera pour demain matin, tout le monde au lit !

Ce dimanche, il fait toujours aussi beau en Alsace, nous commençons par le nettoyage du matos, puis nous débriefons. Dans l’ensemble, Eric est satisfait, c’est la première fois qu’un sur-accident entrainant une mort est scénarisé dans un exercice secours, pour cause, ce n’est pas une très bonne pub pour nos sauveteurs de perdre un médecin pendant le secours !

Dernier pique-nique sur l’herbe du parking, visite rapide du musée du Tellure, et les tristes adieux se font aux alentours de 13h… »

Benoit